
No 104. — PROMOTION dans l’Ordre impérial du Dragon d’Annam.
Sur la proposition du Sous-Secrétaire d’État au Ministère de la marine et des colonies, Sa Majesté Than-Thai a nommé dans l’Ordre impérial du Dragon d’Annam :
CROIX MILITAIRES
OFFICIERS
D’ATTEL (Eugène), capitaine au 2e régiment étranger
GAUCHERON, (Calixte-Désiré), capitaine au 2e régiment étranger
CHEVALIERS
BLANC, lieutenant au 1er régiment étranger
CAMILATOS, sous-lieutenant au 1er régiment étranger
GUILLEMINOT (Henri-Victor), lieutenant, officier-payeur au 2e régiment étranger.
KÉBER, adjudant au 1er régiment étranger.
La mort du lieutenant Camilatos
L’Indépendance tonkinoise du 19 juin donne les détails suivants sur le combat à la fin du quel le lieutenant Camilatos (de la légion étrangère) a perdu la vie. Prévenu par le phu de Dao-Quan, qu’une bande de cent Chinois armés de fusils devait passer le 8, au matin, au village de Lang- Phau, à 6 kilomètres de Kep, le capitaine commandant ce poste envoya immédiatement le lieutenant Camilatos de la légion étrangère avec des légionnaires et 30 tirailleurs pour arrêter la bande
Le lieutenant Camilatos prit admirablement ses dispositions ; il plaça sa petite troupe en embuscade près d’un arroyo que les pirates devaient traverser en panier ; ceux-ci ignorant la présence de nos hommes
s’avançaient sans précautions à l’heure annoncée.
Le lieutenant attendit qu’ils fussent au mi lieu du fleuve, et soudain, d’un feu de salve, jeta la panique parmi eux : les feux de salve se succédèrent avant que les rebelles aient pu revenir de leur frayeur.
La plupart essayèrent de gagner à la nage la rive opposée ; le courant les emporta, leurs armes tombèrent à l’eau ; quelques-uns seulement parvinrent au bord et essayèrent de riposter, mais la fusillade avait déjà fait son œuvre et une quarantaine de cadavres ou de blessés étaient roulés par les eaux rapides.
Le silence s’était fait, l’action était presque finie, lorsque le lieutenant sortant des touffes de bambous qui l’abritaient, vint au bord du fleuve pour se rendre compte de l’œuvre accomplie. A ce moment, la fusillade recom mença par quelques coups isolés, et soudain Camilatos tomba, frappé au cœur ; ses soldats
coururent à lui, il était mort.
[ 03-08-1890 Le Guetteur : journal de Saint-Quentin ]