
TAGHIT – Plaque commérative de la victoire d’in détachement Français
sur 4.000 Beraber du Tafilalet
Du 17 au 20 août 1903 : le siège du poste de Taghit.
Taghit est une région du Sahara située à la limite ouest du Grand Erg Occidental. C’est une ville millénaire à la frontière du désert de sable et du désert de pierre.
Le 17 août, le poste de Taghit, édifié là où le chef de bataillon Brundsaux a fait sonner un Boudin triomphal le 01.07.1900, est attaqué par 4000 Beraber des tribus Zayanes, débouchant de la vallée du Guir et du Tafilalet. Le chérif Mouley Mostepha conduit ces combattants. 5 000 Marocains, non combattants, de tous âges, suivent les combattants, prêts au pillage.
470 Français défendent ce poste. Après 72 kilomètres de marche forcée dans la nuit, le peloton du lieutenant Pointurier, de la 22e compagnie montée du 2e Régiment Etranger, parvient à rejoindre le poste et à renforcer la garnison.
Pendant quatre jours, les Beraber tentent sans relâche d’enlever la petite forteresse aux Français ; tirailleurs, joyeux, moghaznis et légionnaires tiennent en échec des milliers de combattants fanatisés par des marabouts prêchant le djihad. Mais la défense acharnée de la garnison et la volonté du commandant d’armes, le capitaine de Susbielle, de ne pas subir le combat en envoyant de nombreuses reconnaissances offensives, contrarie les efforts du chérif.
Finalement, une vigoureuse sortie fait refluer les assaillants vers l’Ouest. Les Zayanes s’enfuient et se dispersent dans le désert.
Tout se termine bien, en dépit des 9 tués et des 21 blessés. Taghit n’est pas tombé.
Sur la frontière marocaine, il faut compter avec des adversaires nombreux, bien armés et prêts à mourir au nom d’Allah et du refus de l’étranger.
Les unités françaises, engagées dans ces combats, sous les ordres du capitaine de Susbielle, commandant le poste de Taghit, sont les suivantes :
7e compagnie du 2e régiment de tirailleurs algériens du capitaine Guibert ;
1er peloton de la 3e compagnie du 1er bataillon d’Afrique du capitaine Mariande ;
1er peloton de la 22e compagnie du 2e Etranger du lieutenant Pointurier (a) ;
60 cavaliers du makhzen de Taghit aux ordres du lieutenant de Ganay ;
60 cavaliers du makhzen de Beni-Abbés aux ordres du lieutenant de Lachaux.
Source
(a)
Nom : POINTURIER Prénom(s) : Paul
Date de naissance : 30-06-1870
Lieu de naissance : Nord, Douai

[ LH//2187/25 ]
L’ATTAQUE DE TAGHIT
Depuis plus de 3 mois, des bandes de Berabers réunis en karkas, menaçaient : d’attaquer Taghit dont la garnison vivait dans une perpétuelle alerte et malgré les demandes réitérées du chef de poste le capitaine Susbielle, aucun renfort n’était envoyé.
Dans la nuit du 16 août toutes les karkas réunies attaquèrent le poste et 3000 Berabers se ruèrent à l’assaut. La petite garnison composée de 300 hommes, dût à sa vigilance de ne pas être surprise et anéantie. Un combat furieux s’engagea qui dura 3 jours.
Le capitaine, grâce à d’habiles dispositions et une énergie communicative, réussit à repousser les assaillants qui revenaient continuellement à la charge et la poignée de braves qu’il commandait n’a pu qu’à force de courage et d’abnégation résister aux Marocains, en combattant un contre 10.
A la nouvelle de l’attaque, le lieutenant Pointurier de la compagnie montée du 2e étranger d’Ell-Morrah, se porta au secours de Taghit avec cent hommes et une section d’artillerie.
Ce détachement arrivé en vue de Taghit dût engager avec les Berabers un sanglant combat et le capitaine de Susbielle dut à la tête de sa petite troupe, faire une trouée pour frayer un passage à travers les Marocains, et faire pénétrer le lieutenant Pointurier et ses hommes pendant que l’ennemi décimé par l’artillerie se retirait découragé, emportant ses morts et ses nombreux blessés.
C’est une nouvelle page glorieuse à ajouter au livre d’or de nos soldats africains.
[ 03-08-1903 L’Abeille des Vosges ]